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Dossier des Centres sportifs Valleyfield : « Les contribuables ne doivent plus être pris en otages » - Miguel Lemieux

Vendredi, 28 Juin, 2019 - 00:00

Prenant la parole au nom de l’ensemble des membres du conseil municipal de Salaberry-de-Valleyfield, le maire Miguel Lemieux a fait le point sur l’inquiétante situation qui entoure les Centres sportifs Valleyfield, organisme sans but lucratif propriétaire des arénas Salaberry, du Centre Civique et celle de Saint-Timothée.

« Nous avons appris il y a quelques semaines que le conseil d’administration des Centres sportifs avait octroyé un contrat de près de 2 M$ pour le remplacement des compresseurs du Centre Civique et de l’aréna de Saint-Timothée, sans aucun financement pour payer les factures. En effet, malgré que le conseil municipal ait accepté de cautionner la somme nécessaire pour la réalisation des travaux dès le mois de décembre 2018, les centres sportifs n’ont jamais pu conclure d’entente de financement avec leur institution financière, laquelle leur a demandé de régler la question des taxes impayées qu’ils doivent à la Ville. Lorsque nous avons appris que les centres n’avaient pas obtenu leur financement, ce fut pour nous la stupéfaction. Le contrat était non seulement donné, mais les travaux bien amorcés, les anciens compresseurs ayant déjà été désinstallés. C’était l’équivalent de nous mettre un fusil sur la tempe », a déploré M. Lemieux.

Propositions refusées

Réagissant à cette grave situation, le conseil municipal a soumis à deux reprises aux Centres sportifs une solution qui aurait rapidement permis de s’extirper de cette impasse. La Ville serait devenue majoritaire sur le conseil d’administration pendant une période d’un an, le temps de trouver une solution pour le paiement des taxes et de remettre les finances de l’organisme en ordre. Le conseil d’administration a refusé cette offre lors de chacune de ces propositions, laissant les factures non payées s’accumuler.

Le point de non-retour a par la suite été franchi lorsque le trésorier de l’organisme a lui-même transféré à un conseiller municipal une série d’échanges de courriels entre certains membres du conseil d’administration et l’entrepreneur inquiet du non-paiement de ses factures. Dans un de ces courriels, le président du conseil d’administration des Centres sportifs affirme ce qui suit : « Vous devez savoir que peux (sic) importe la situation vous serez payé (sic) en totalité soit par nous ou soit par la ville qui ne peux (sic) laisser les installations sans compresseur ».

Pour les membres du conseil municipal, cette affirmation  a pour effet de prendre les contribuables en otages. « Lorsque l’on prétend que la Ville n’aura pas le choix de payer, c’est aux contribuables qu’on fait référence. Ce sont leurs taxes qui y passeraient. Ça ne peut pas se passer comme ça. Les contribuables de Salaberry-de-Valleyfield ne sont pas un guichet automatique servant à sortir les Centres sportifs du pétrin dans lequel ils se sont eux-mêmes plongés », a mentionné le maire.

L’offre finale de la Ville

Le maire et les conseillers reviennent donc à la charge aujourd’hui avec une offre finale et non négociable pour dénouer l’impasse. D’un côté, le conseil accepte de mettre beaucoup d’eau dans son vin en consentant à étaler le paiement de l’arrérage des taxes municipales impayées des Centres sportifs (soit 680 000 $ au 31 décembre 2018) sur une période de 15 ans. Cette disposition exceptionnelle ne s’explique que par le caractère unique de la situation, alors que les activités de la prochaine saison des deux arénas concernées et la santé financière de l’entrepreneur chargé des travaux peuvent être mises en péril si rien n’est réglé à court terme.

En revanche, le conseil d’administration de l’organisme doit accepter intégralement une série de conditions, dont l’objectif consiste à empêcher que les contribuables ou un entrepreneur puissent être à nouveau pris en otages, comme c’est le cas actuellement. Les conditions établies représentent un minimum d’exigences pour parvenir à cette fin.

« Par respect pour les contribuables de Salaberry-de-Valleyfield, pour les utilisateurs des arénas et pour l’entrepreneur responsable des travaux qui n’a pas encore été payé et qui ne pourra fort probablement pas continuer encore longtemps à assumer seul l’ensemble des coûts, les membres du conseil d’administration des Centres sportifs doivent accepter cette entente qui permettrait de mettre fin à cette situation honorablement et sans conséquences graves. Notre offre tient jusqu’à mardi 17h. À défaut d’une réponse positive, le conseil n’aura d’autre choix que d’entamer sur le champ les démarches pour prendre possession des arénas, tel que cela est prévu dans l’entente tripartite conclue entre la Ville, les Centres sportifs Valleyfield et Desjardins en 2011 », a conclu M. Lemieux.