.

.

Histoire du Service de sécurité incendie de Salaberry-de-Valleyfield

Lorsque l'on raconte l'histoire du Service de sécurité incendie de la ville de Salaberry-de-Valleyfield, nous constatons rapidement que sans être unique en soi, elle est colorée et remplie de faits bien particuliers.

D'après les registres du Conseil municipal, l'histoire du Service de sécurité incendie remonte à près de 137 années. En effet, c’est lors de la séance du 18 août 1875 que les membres du conseil municipal adoptaient une résolution autorisant les démarches pour l’acquisition éventuelle d'une « pompe à feu ».

Presque trois années plus tard, soit le 3 juin 1878, un avis public était lancé afin de recruter des personnes désirant faire partie d'une brigade de pompiers.

Toutefois, ce n'est que le 13 juin 1883 que l'offre d'achat pour l’acquisition de la « pompe à feu » était soumise au Conseil et c’est le 19 décembre, de cette même année, que la « pompe à feu » fut acquise de la Ville de Ste-Cunégonde pour la somme de 2 000 $.

Cette brigade de pompiers a assuré la protection de la ville jusqu'au 10 mars 1887, date à laquelle le Service des incendies était confié aux policiers. C’est ainsi que pendant les 113 années qui ont suivi, la protection incendie de la ville de Salaberry-de-Valleyfield fut assurée par des policiers-pompiers.

En 1998, le projet d'un service de police régionale voyait le jour. Le gouvernement du Québec accepta ce projet et la Sûreté régionale des Riverains était créée. Cette nouvelle régie de police allait servir les Villes de Salaberry-de-Valleyfield, Saint-Timothée et Beauharnois, ainsi que les Municipalités de la Grande-Île et de Melocheville. Les membres de ce nouveau corps policier ont continué à assurer la protection incendie de la ville de Salaberry-de-Valleyfield pendant les deux années qui ont suivi. Par conséquent, suite à la création de cette nouvelle régie de police, la Ville de Salaberry-de-Valleyfield devait maintenant se doter d'un nouveau service de sécurité incendie autonome et indépendant de la force policière. Une page d’histoire allait irrémédiablement être tournée pour en écrire une autre.

Au printemps 1999, le conseil municipal se mettait à la recherche d'un directeur afin de mettre sur pied ce nouveau service et ainsi prendre la relève des policiers-pompiers.

Le 20 septembre 1999, monsieur Michel Ménard fut nommé directeur du Service de sécurité incendie de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield. Il devenait ainsi le premier directeur à occuper ce poste à temps complet dans l’histoire de la Ville. Son premier mandat fut de créer un tout nouveau Service de sécurité incendie avec une nouvelle équipe.

Après quelques mois de préparation, c’est le 1er avril 2000 que le nouveau Service de sécurité incendie débutait officiellement ses opérations. Au début, ce service était constitué d’un directeur, d'un chef aux opérations, d'un capitaine en prévention incendie à temps complet ainsi que de six lieutenants et vingt-quatre pompiers à temps partiel.

Les trois officiers d’état-major à temps complet travaillaient de jour, du lundi au vendredi, en plus d’assurer la garde externe, durant une semaine chacun, à tour de rôle pour les interventions d’urgence. Un officier et un pompier assuraient la garde en caserne vingt-quatre heures par jour, sept jours semaine dans les locaux du poste de police situé 47, rue Nicholson. Pendant ce temps, faute de place dans la caserne du poste de police, l’état-major ainsi que le bureau de prévention s’étaient installés au deuxième étage du 75, rue Saint-Jean Baptiste, un bâtiment qui abritait le Service récréatif et communautaire de la Ville. Et ce, en attendant qu’une nouvelle caserne soit construite, pouvant abriter le personnel et les équipements.

Une ancienne école primaire, située au coin de la rue Fabre et du boulevard du Havre, avait été acquise par la Ville quelques années plus tôt. C’est à cet endroit que le conseil municipal décidât d’installer son nouveau Service de sécurité incendie. L’ancienne école fut rénovée et une caserne fut érigée du côté ouest, sur le terrain qui servait jadis de cour d’école. Cette nouvelle caserne fut inaugurée le 10 janvier 2001 et baptisée par Bruno Loiselle, curé de la paroisse Saint-Eugène. Les pompiers quittèrent le 47, rue Nicholson pour s’installer définitivement dans leur nouvelle caserne qui était maintenant située au 736, boulevard du Havre.

Mais qu'en était-il de nos municipalités voisines?

La Ville de Saint-Timothée avait son propre service de protection incendie depuis les années soixante-dix. À ses débuts, cette ville était desservie par des pompiers-ambulanciers. En effet le directeur de ce service était propriétaire de la compagnie d'ambulance locale et il s'était vu confier aussi la protection incendie. Toutefois, cette double fonction fut abandonnée à la fin des années quatre-vingt et la protection incendie fut confiée à un nouveau Service de sécurité incendie indépendant constitué d’un directeur, d’officiers et de pompiers à temps partiel sur appel.

Quant à la municipalité de la Grande-Île, elle était desservie par les policiers-pompiers de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield jusqu’à la fin des années quatre-vingt pour ensuite se doter, elle aussi, de son propre service de protection incendie. Dès sa création, ce service était composé d’un directeur, d’officiers et de pompiers à temps partiel sur appel. Au début des années 2000, la Municipalité de la Grande-Île confiait la direction et l’administration de son service de protection incendie à la Ville de Saint-Timothée. Peu de temps après, ces deux services furent fusionnés.

C’est en avril 2002, suite aux divers projets de regroupements municipaux mis de l’avant par le gouvernement du Québec, que les Villes de Salaberry-de-Valleyfield et de Saint-Timothée ainsi que la Municipalité de la Grande-Île furent regroupées et que les services de sécurité incendie furent fusionnés en un seul et unique service. Cette fusion entraîna du même coup une réorganisation complète de la sécurité incendie sur le territoire de la nouvelle ville de Salaberry-de-Valleyfield.

Une autre page importante dans l’histoire du service. En effet, le deuxième mandat du directeur Michel Ménard fut de regrouper les services de sécurité incendie, c’est-à-dire de réorganiser la structure administrative et d'uniformiser les opérations des trois anciens services pour n’en former qu’un seul.

Trois casernes incendie étaient présentes sur le territoire de la nouvelle ville. À l’été 2003, la caserne incendie du secteur de la Grande-Île fut fermée et le personnel fut transféré dans les deux autres casernes. Les citoyens de ce secteur étaient maintenant protégés par la caserne de Salaberry-de-Valleyfield étant donné la courte distance entre les deux secteurs. La caserne du secteur de Salaberry-de-Valleyfield est devenue la caserne numéro un, et par le fait même, le quartier général du service.

Cette caserne fut nommée quelques années plus tard la Caserne Paul-Marleau, en l’honneur de Léopold Paul Marleau, ancien chef des policiers-pompiers de 1948 à 1979 et conseiller municipal de 1979 à 1983. Quant à la caserne du secteur Saint-Timothée, elle fut maintenue en opération puis rénovée. Elle est devenue la caserne numéro deux puis, nommée la Caserne Roma-Bougie en l’honneur de ce conseiller municipal en poste de 1981 à 1994, grand bénévole de ce quartier et au sein de l’ancien Service des incendies de Saint-Timothée.

Depuis, le nouveau service n’a cessé d’évoluer et de se développer. En 2005, suite aux recommandations du directeur Michel Ménard, le service comptait déjà cinq membres à temps complet au sein de sa division prévention uniquement, soit un chef de division et quatre techniciens en prévention. À l’automne 2005, le directeur annonçait aux pompiers que si tout allait comme prévu, vingt-quatre autres postes allaient être créés au sein du service dans les prochaines années.

En 2006, le directeur Michel Ménard amorçait donc une étape importante dans l’histoire du service : celle de mettre en place une équipe d’officiers et de pompiers à temps complet au sein de la division des opérations. Ainsi, en septembre de cette même année, quatre postes de chef aux opérations à temps complet furent créés. En 2009, le service décida également d'embaucher huit capitaines à temps complet, quatre nouveaux postes de capitaine furent créés cette même année, puis quatre autres en 2010. Les officiers furent pour ainsi dire les premiers à prendre place à temps complet au sein des équipes d’intervention sur un horaire rotatif de travail.

Pendant ce temps, toujours en 2010, une importante rénovation de la Caserne Roma-Bougie était en cours. En effet, une mise à jour et un agrandissement étaient nécessaires puisqu’il était prévu qu’un jour cette caserne allait loger ses premiers officiers et pompiers jour et nuit, et ce, sept jours semaine. Cette rénovation a nécessité un investissement de plus de 700 000 $.

En janvier 2011, après une longue négociation entre la Ville et le Syndicat des pompiers et pompières du Québec, section locale Salaberry-de-Valleyfield, le service créait enfin ses premiers postes de pompiers à temps complet. Ainsi, quatre pompiers à temps partiel furent nommés à temps complet en mai 2011 suivi de quatre autres en juin.

C’est à partir de ce moment, soit à l’été 2011, que la Caserne Roma-Bougie devenait opérationnelle jour et nuit, sept jours par semaine, pour mieux protéger le secteur Saint-Timothée. À l’automne de cette même année, soit au mois de novembre, quatre autres pompiers à temps partiel passèrent à temps complet pour terminer l’année 2011 avec déjà douze pompiers à temps complet en poste et cinquante-six pompiers à temps partiel.

À la fin de l’année 2011, le plan d’effectifs de vingt-quatre postes à temps complet additionnel qui avait été annoncé en 2005 avait donc été réalisé.

Pendant ce temps, soit à l’automne 2011, le directeur travaillait sur un autre projet qui consistait à créer plusieurs autres postes de pompiers à temps complet à raison de quatre par année, répartis sur quelques années tout en réduisant le nombre de pompiers à temps partiel par attrition. Ce projet fut présenté puis approuvé en principe par le conseil municipal, mais sous toute réserve.

Le directeur présentait ensuite ce projet aux officiers du service puis au syndicat en décembre 2011 puis aux pompiers au début de l’année 2012.

À son assemblée régulière de janvier 2012, le conseil municipal abolissait quatorze postes de pompiers à temps partiel (des postes déjà vacants) et créait quatre autres postes de pompiers à temps complet.

À ce jour, le Service de sécurité incendie de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield compte dans ses rangs, un directeur, deux secrétaires, un chef de division aux opérations, un chef de division en prévention, quatre chefs aux opérations, quatre techniciens en prévention, huit capitaines, seize pompiers à temps complet et trente pompiers à temps partiel.

Les officiers d’état-major, le personnel administratif ainsi que les membres affectés au bureau de prévention travaillent au quartier général (Caserne Paul-Marleau) de jour, du lundi au vendredi, alors qu’aux opérations, une équipe constituée d’un chef aux opérations, d'un capitaine, de deux pompiers à temps complet et de deux pompiers à temps partiel sont présents en caserne jour et nuit, sept jours par semaine.

À la Caserne Roma-Bougie, nous retrouvons une équipe d’intervention constituée d’un capitaine, de deux pompiers à temps complet et d’un pompier à temps partiel.